Pas évident d'être conseillé au FOREM

Je suis tombé sur un article qui relate la mésaventure d’un demandeur d’emploi qui s’est « fâché » avec un conseillé du FOREM.

En gros, le demandeur d’emploi est reçu dans un bureau paysagé et après plusieurs minutes où il se sent rabaissé par le conseiller, fini par exploser pour enfin l’agresser physiquement.

L’article complet se trouve ici : http://www.advalvas.be/fr/index.php?option=content&task=view&id=7756

Plusieurs choses me frappent dans cet article :

Les « faits » sont relatés à sens unique. Nous n’entendons qu’un son de cloche. Sous une apparence d’objectivité, le récit est très orienté. C’est un mélange de descriptions de faits, de jugements très personnels et d’injures assez violentes.

Le fait que l’article soit « Signé Meillon » me dérange. Il s’agit d’un récit d’une connaissance à lui. Son image d’homme public renforce la « crédibilité » du discours, alors qu’aucun droit de réponse ou de débat contradictoire ne sera rendu possible.

Ce genre d’article, très émotionnel, suscite évidemment de fortes réactions (24 commentaires en ce moment). Les commentaires vont, pour la plupart, dans le même sens. Ils s’engouffrent dans la faille grande ouverte du « Rouleau Compresseur du Système » contre les « Eternelles Pauvres Victimes ».

Ce qui me choque également, c’est que le « pauvre demandeur d’emploi », – pourtant agressif, injurieux et violent – est considéré, par les internautes, comme la victime du conseiller « Tout Puissant Persécuteur ».

Je ne comprends pas qu’on puisse être en empathie et du côté de celui qui dit, je cite : « Maintenant tu vas fermer ta grande sale gueule de con, sinon je t’éclate ! » … et qui poursuit : « Et je le pousse un peu violemment sur sa chaise à roulettes. Le pauvre, il est tombé et s’est fait mal ». Étrange monde… Un internaute conseille même de repérer la voiture du conseillé pour la brûler… Et personne ne semble choqué…

De plus, même si le conseillé n’a, peut-être, pas eu un comportement adéquat, un amalgame complet est installé entre un conseiller en particulier et tous les conseillers du FOREM, voire, carrément, l’institution du FOREM au complet.

Pour connaître quelques conseillers et leur réalité quotidienne, je pense que les choses ne sont pas aussi manichéennes. Ils font un travail difficile, entre les contraintes légales, la masse de travail, la pression de planning surchargés, le contact avec des demandeurs d’emploi démotivés, renfermés ou agressifs, des employeurs condescendants, une image bien ancrée de « fonctionnaires » et comme dans l’article, des interlocuteurs parfois violents verbalement ou même physiquement.

Ce texte me laisse comme un sale goût de lapidation publique, dans la plus pure veine démagogique et populiste… En pointant du doigt un cas particulier, on tape sur le système en place, on embarque tout le monde dans l’émotion collective et surtout, on ne propose rien de concret ou de constructif…

Voilà, en conclusion, les choses ne sont pas toujours blanches ou noires. Écoutons les deux intervenants d’un différend avant de se faire une opinion et surtout, ne nous engouffrons pas dans l’émotion collective pour endosser trop facilement un rôle de « victime du système »…

Xavier Van Dieren

http://www.xavier.ws

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